Le FÉMINISME : éthique de l’action.

Le FÉMINISME : éthique de l’action.

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À la veille du 8 mars, ce blogue est admirativement dédié à la journaliste / documentariste / blogueuse Francine Pelletier, féministe.

Parle parle jase jase, mais le féminisme est inéluctable : c’est une avancée nécessaire dans le destin historique des femmes donc de l’humanité.

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Je crains que ce ne soit pas le réalisme du féminisme qui suscite la discussion, mais la charge du mot. La place du marché (l’agora grecque) a toujours accueilli les échanges non seulement commerciaux, mais aussi intellectuels. On va moins au marché mais on pitonne ses opinions à qui mieux mieux sur Internet.

On le voit au Québec, avec les tataouinages sur le féminisme, les échanges dialectiques sur l’éthique ont pris une place parfois inutilement déchirante. On s’enfarge sur les mots sans toujours voir que les embûches sont de nature éthique. Et l’action découle de l’éthique.

Mais les débats se déroulent maintenant sans médiateurs. Le Web ne pense pas, monsieur, il compte (pour paraphraser Jacques Brel). La motivation n’étant plus nourrie par le désir de gagner le débat, celui-ci s’épure et se donne ainsi plus de chances d’exercer quelque influence. De jouer son rôle de déclencheur d’action.

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Il arrive même que la démocratisation du propos y gagne en déboulonnant la tendance ésotérique des langues de bois, des dialectes des doctes grands prêtres de toutes obédiences mais à la constante tendance au totalitarisme.

Socrate, assis sur un bloc de marbre, en face du marchand d’amphores, disait : «Nous discutons d’éthique, c’est-à-dire de ce qui devrait être plutôt que de ce qui est…». C’est à ce moment qu’il reçut une tomate du marchand de légumes… mais c’est une autre histoire.

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Quoiqu’on en fasse, l’éthique vise l’action et non la spéculation. Et c’est ce qu’on peut constater dans les discussions sur le féminisme qui pataugent dans le Web de par chez-nous ces temps-ci.

D’après Alan Tidwell , on peut imputer au Web un impact direct sur les communautés et sur la façon dont ces communautés établissent leurs consensus éthiques, donc leurs actions. Il soutient même que «les élites au pouvoir exercent de moins en moins de contrôle et d’influence sur les contenus des échanges sur le Web».

Deux forums de discussions d’éthique me semblent particulièrement intéressants : le Ethics Update que maintient le Values Institute at the University of San Diego et BEARS (le Brown Electronic Article Review Service) une initiative du département de philosophie de l’Université Brown.

Chez BEARS, on encourage l’envoi de textes de moins de 1000 mots et l’on ne les retient jamais plus de quatre jours. La chronologie de la discussion et une presque instantanéité leur importent. Ils précisent toutefois que ces échanges ne peuvent remplacer les classiques articles universitaires de recherches. L’éthique n’est pas le savoir. C’est ce qu’on en fait ou devrait en faire.

Une étude de ces groupes de discussions tend à démontrer qu’il faut toutefois que ces discussions atteignent une certaine masse critique pour influencer les communautés concernées. Non seulement il faut discuter d’une question éthique, mais encore faut-il que cette discussion fasse l’objet d’intérêt. Aucune action concrète ne semble découler d’une discussion éthique s’il n’y a pas de discussions sur la discussion éthique…

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À la fin des années cinquante, C. Wright , dans The Power Elite, remarquait un changement important dans la façon dont nous interagissions en fonction de l’action. Comment une discussion éthique arrivait dorénavant à se concrétiser dans une action. Son argument se basait sur l’observation que l’expression d’opinions passait de la notion publique à celle de masse. Le bourgeonnement des médias électroniques était tenu responsable de ce changement de paradigme. Il développait l’idée que nous émettions de moins en moins d’idées tout en en recevant de plus en plus. La masse devenait alors un substrat sur lequel les médias gravaient leurs opinions.

La chasse gardée du monde médiatique, les chapelles des initiés et privilégiés, les maillages élitistes, la polarisation autour du charisme des communicateurs, dressent encore une barrière à l’expression populaire non souhaitée par ces élites qui contrôlent donc les actions en contrôlant l’expression des opinions. Le processus reste tenace.

Chez les penseurs de métier, on se drape depuis toujours dans des cercles d’érudits, sous la férule des publications spécialisées, et des maîtres de thèses.

Mais… Mais il y a maintenant l’Internet !

Plus besoin de bélier pour forcer les portes du savoir. L’étude de Tidwell conclut que l’action sociale est à portée d’un clavier d’ordinateur, de la touche enter. À condition, comme dans l’agora grecque, comme à Paris sur la Place de la Concorde en 1789, que l’on soit assez nombreux à le faire pour créer une vague dont on parle, une vague que certains peuvent craindre.

Les armes ont peut-être changé, mais les tactiques guerrières… non.

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Madeleine de Verchères le savait quand elle faisait croire aux agresseurs

qu’elle était plus « nombreuse » que les ennemis ne le croyaient.

LA FORCE DU NOMBRE OU DE L’APPARENCE DU NOMBRE…

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Un hymne nécessaire à la journée de la FEMME :

Une sorcière comme les autres, paroles et musique d’Anne Sylvestre.

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