Un chum, c’t’un chum

Un chum, c’t’un chum

Corruption et favoritisme soupçonnés, allégués, probables, à Ottawa, Laval, Montréal, chez Lavalin (à chacun d’y ajouter sa cible favorite), à chaque élection à la Duplessis et autres…

Mais au lieu d’agiter les odeurs douteuses, revenons en arrière, dans nos propres enfances…

Robert aviateur

 

Il était une fois une « gang » de rue. Une « gang » de petits qui ont le désir d’être grands. Ensemble, ils sont forts, plus forts que les autres. Ils peuvent s’élever au-dessus de la mêlée. Enfin ne plus subir la domination, mais dominer ensemble.

 

35 2 gangs

Ensemble. L’instinct grégaire vient de la peur. Le groupe rassure. Mais d’autres, dans la rue voisine, ont le même réflexe de survie. Dans le quartier, il y a maintenant quatre « gangs ». Trop de grands. Tous redeviennent petits. Il faut se battre entre « gangs » pour se démarquer. Il faut être les seuls en haut du monticule social, ou du tas convoité de « sucre en poudre ». Là on est rassurés. Comme l’oiseau apeuré qui se réfugie sur la plus haute branche de l’arbre. On passe ainsi de la Guerre des Tuques aux Patrouilles scoutes, aux groupes de fans d’idoles ou de clubs de hockey. L’important, c’est d’appartenir à un groupe bien identifié. On y trouve l’assurance et le confort de la complicité. De colonisés, on devient colonisateurs. D’exploités, on atteint les privilèges d’en exploiter d’autres. Les dominés dominent enfin. Voilà qui crée des liens entre coreligionnaires. Comme dans la fratrie familiale, jadis. La solidarité individuelle, dans le groupe, fait office de sécurité pour tout un chacun. « Tous pour un, un pour tous », écrivait Dumas. Dans le groupe, on partage. Les biens, les plaisirs, et l’avantage jalousement gardé de dominer, d’exercer du pouvoir.

Et puis un jour, on partage un idéal philosophique, économique, politique et là aussi on se regroupe. En « gang », dans une confrérie comme les Franc-maçons, les Chevaliers de Colomb, le Club Richelieu, le Club Optimiste, les Shriners, un syndicat, une association ou un parti politique. Et dans ces cellules devenues familles, on se serre les coudes, on se protège et s’avantage mutuellement.

Un chum, c’t’un chum.

is-15Scratch my back, I’ll scratch yours.

Et les plus futés apprennent très rapidement qu’un idéal, politique ou autre, peut très bien servir des intérêts personnels. Servir la cause, oui, mais à condition que la cause nous serve. On s’évertue à aider le chef à financer ses élections et le chef, reconnaissant, nous confiera des fonctions importantes qui nous permettront d’être socialement notables, puissants, et de bien lester nos comptes en banque ici ou à l’ombre de palmiers accueillants.

L’intérêt et l’ambition envahissent l’éthique et finissent par l’étouffer.

Les restés purs et tous ceux qui n’ont pas eu accès à la bonbonnière s’indignent et confient à la « gang » de la Justice le soin d’agiter un bras vengeur.

Dans la rue d’à côté, de petits mal-aimés, de grands inquiets, ont trouvé leur remède : ils forment une « gang » de rue. Les bleus. Trois rues plus loin, d’autres font la même chose en rêvant eux aussi de la grande bonbonnière. Ils seront les rouges.

rouges et bleus

Wikipedia

Le trafic d’influence est un délit qui consiste, pour un dépositaire des pouvoirs publics, à recevoir des dons (argent, biens) de la part d’une personne physique ou morale, en échange de l’octroi ou de la promesse à cette dernière d’avantages divers (décoration, marché, emploi, arbitrage favorable…). C’est une forme de corruption.

Le trafic d’influence est le fait pour une personne (qui ne fait pas nécessairement partie du gouvernement) de proposer de se servir de son influence auprès du gouvernement pour en faire profiter une autre, en échange d’une récompense.

Il s’agit en quelque sorte de la zone grise de la corruption, non pas parce que l’on ne s’entend pas sur le principe, mais parce qu’il est difficile de définir dans la pratique en quoi consiste une influence légitime. Si l’on tente d’influencer le Parlement par une pétition ou si l’on se présente aux audiences d’un comité législatif, ces pratiques sont légitimes, tout comme le sont les tentatives pour influencer un parlement ou un conseil de ville, au moyen de manifestations publiques, quoique cette dernière forme d’influence soit généralement plus controversée (groupe de pression).

Les exploités (ou ceux qui ont l’impression de l’être) se grégarisent de temps en temps dans la rue et manifestent. Les nantis restent au chaud, entre « chums », pour célébrer leurs privilèges (réels ou illusoires) comme au Beaver Club, à l’époque. Vous vous souvenez ? Pierre Falardeau en avait fait un film : Le temps des bouffons.

36 beaver club copy

Reste à réaliser LE TEMPS DES CHUMS.

 

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One Response to “Un chum, c’t’un chum”

  1. gPonthieu dit :

    Joli joli ! Et que dirais-tu du gang des richissimes du XVIe parisien qui ne veulent surtout pas de la racaille dans leur pré carré ?!

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