Le premier ministre François…

Le premier ministre François…

spiriJe suis athée presque militant et je crois fermement que les religions, si elles peuvent parfois servir de béquilles à des individus démunis, ont été et restent parmi les grands boulets que traîne l’humanité. Toutefois, je suis convaincu de la nécessité de la spiritualité.

Ce qui ne m’a pas empêché de visionner avec grand intérêt les deux heures de documentaires que RDI a diffusés sur le cheminement du pape François. Depuis trois ans, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio est devenu le 266e pape de l’Église catholique romaine. Un jésuite… Mais je ne m’attarderai pas là-dessus, ayant fait des études (mouvementées) chez les Sulpiciens et à la congrégation de Sainte-Croix.

Vatican II ? La théologie de la Libération ? Dom Elder Camara ? Ça ne vous dit rien ? Pas grave.

francoisCe premier pape issu des Amériques a pris le nom de François. En l’honneur de Saint-François d’Assise qui prêchait et pratiquait le dépouillement. Assumer le pouvoir suprême sur l’Église catholique en prônant le dépouillement… Bien des évêques et des cardinaux devront peut-être changer leur limousine, leur appartement de luxe, et leur… Mais ça, ce n’est pas de mes oignons. Le crémage sur le gâteau : Saint-François voulait protéger toutes les créations de la nature. On parle sans doute d’environnement, ici ? Go for it, Jorge! Go!

Les deux heures documentaires, particulièrement bien documentées, réussissent à induire un brin d’espoir. Il y a un nanti de pouvoir qui voit venir la catastrophe et veut vraiment changer de direction ? Go for it, Jorge! Go! En religion comme en politique, il a bien observé, dans sa douloureuse Argentine, que la vérité dévalait la pyramide des chefs et possédants vers la base. Le peuple ainsi inondé d’inégalités et d’injustices à qui on demande d’être vertueux et de soumettre la volonté divine, c’est-à-dire au pouvoir religieux et séculier, ronge son frein. Pas très nourrissant. La nouvelle recrue, le courageux Jorge, voudrait renverser la pyramide. Il s’obstine à ce que le peuple fasse entendre sa voix, exige justice, et que les chefs se mettent au service de la piétaille. Ça va jouer dur dans les coins, Jorge.

Le mot capitalisme est révélateur. CAP = chapeau (en haut). Servir ceux qui dominent, c’est le travail qui sert le capital. « Ça me sonne une cloche », comme aurait pu dire le bedeau Marx.

Jorge veut changer le plan de match. Il a même déclaré que son programme se résumait à passer du JE au NOUS en tout. Et qu’il ne voyait aucune raison valable de stigmatiser les gais, les divorcés et les déviants. Il semble qu’il ait mieux à faire que de légiférer, encycler, condamner, punir. Pas le temps pour les niaiseries : il y a du ménage à faire. Comme de priver les pédophiles de leur soutane d’impunité, par exemple.

pape

Jorge s’habille en blanc. Et si on l’invitait à s’habiller en bleu québécois ?

Je le repêcherais, comme premier ministre. Parce que celui qu’on s’est acheté, il est meilleur à parler qu’à faire. Jorge deviendrait Georges, notre Georges, et il s’attaquerait à tous les tataouinages qui alourdissent les élans des contribuables-payeurs. Je le sais, Georges ferait le tour des salles d’urgence, des écoles, des PME, des formulaires Desjardins en débusquant les conneries pour les remplacer par des gestes concrets à la portée de tous. Et je serais surpris que Georges ait l’intention de fréquenter nos quelques hélicotèrés habillés chic qui tutoient Sarkozy.

Mon premier choix au repêchage : Jorge Mario Bergoglio, guerrillero que les commentateurs appellent François.

Les guérilleros, Jean Ferrat

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