ANGE et DÉMON

ANGE et DÉMON

On y revient…

SANCTIFIÉ OU DAMNÉ  

Blanc ou noir. Indépendantiste ou fédéraliste. Nous vivons encore dans notre atavisme binaire religieux. Le Bien ou le Mal.

Le problème, c’est que nos vraies vies se meuvent tant bien que mal dans la palette des grisailles. Plus ou moins lumineuses. Plus ou moins parfumées ou nauséabondes. On parle binaire et on vit au gré des nuances en demi-teintes.

Jean-François Lisée a sorti son déguisement d’angelot. Il veut être sanctifié pour ce qu’il ne fera pas. Pas de référendum tout de suite, juste bien plus tard. Ne craignez pas l’indépendance, chers indépendantistes. L’archange Jean-François vous en protégera au moins le temps de vous rendre à votre retraite en Floride.

D’autre part, on célèbre la damnation de Mike Ward que lui vaut le fait de n’avoir pas pu faire. L’un ne fera pas et l’autre n’a pas pu faire.

On fait quoi pendant ce temps-là?

Que nous propose la BIBLEWEB? Elle aussi veut nous rassurer, catégorisant en binaire l’amour qui voudrait s’y épanouir.

Dans la survolte des échanges au sein du Net, s’est tissé un espace mental original. Le lol et le lulz, acronymes nés dans l’archipel du Net depuis une dizaine d’années, apparaissent comme des marqueurs de l’époque, un produit des interactions de la jeunesse avec les médias et des fragments d’images récupérées– films cultes, cartoons, mangas, jeux vidéo, séries, infotainment, émissions humoristiques. Le premier, le lol, qui vient de l’anglais laughing out loud, signifie rire à gorges déployées. Le second, un dérivé du lol, s’est construit au fil des interactions entre internautes et signifie rire aux dépens d’autrui (I did it for the lulz). Le lulz peut être tenu pour la variante négative du lol, ce dernier dénotant un caractère bon enfant tandis que le premier est méchant. Le premier marque l’humeur récréative du Web adolescent, le second conduit parfois à des lynchages médiatiques.       (Monique Dagnaud dans le magazine SCIENCES HUMAINES)

Si vous ne le saviez pas, c’est fait, maintenant. Le Web (pourquoi la majuscule?) aussi a ses avocats et ses assureurs qui décident du bien et du mal…

Dans cette création collective, un élément est décisif : le rôle techniquement actif et idéologiquement mobilisateur des professionnels, semi professionnels (informaticiens, ingénieurs, web journalistes, webmestres, web designers, social cadres, inventeurs de logiciels et d’applications) ou, simplement, des geeks (amateurs passionnés) qui font fonctionner le Web. Cet ensemble forme une communauté solidaire, unie par un savoir-faire informatique et un système de valeurs qui émane de la généalogie du Net–autonomie, intégrisme de la liberté d’expression, égalitarisme, idéologies du don et du partage. Or, pour une grande part, le trafic d’images, dans les deux sens du mot, la manipulation et la circulation, repose sur l’expertise de ces sentinelles.

(Toujours Monique Dagnaud dans le magazine Sciences Humaines)

 fable

Quand le moindre geste, privé ou public, personnel ou politique, est motivé par l’aliénation de la maudite formule : Faites ceci ou cela POUR NE PAS…, la castration religieuse et la peur de la peur, deux mamelles de l’inconscient québécois, reprennent du service.

Pour ne pas faire de peine  à maman, pour ne pas perdre une élection, pour ne pas perdre une pension, pour ne pas prendre un risque, pour ne pas vieillir, pour ne pas être déçu, pour ne pas faire l’objet d’une poursuite… Pour ne pas, c’est une chaîne au cou ; demandez au loup de la fable.

 

 

FRANCHEMENT !

(Le Diable «Ça va», Jacques Brel)

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