La voix, c’est le cœur

La voix, c’est le cœur

On écoute la télévision avec les yeux et on voit la radio avec les oreilles.Voilà pourquoi la qualité de la voix des personnalités de la télévision n’a pas l’importance de celle des animateurs radio. La télévision montre et démontre, renseigne, et la radio convainc. On parle d’un médium froid pour la télé et chaud pour la radio. Et pour que la radio convainque, il lui faut des voix qui inspirent confiance, séduisent. Tandis qu’à la télévision, par sa spécificité de stimulations multiples simultanées, on doit attirer l’attention. La voix devient du bruit. L’animateur de télé parle dans un studio dont la dimension fait salon. On projette donc la voix vers une caméra qui se tient à distance malgré la proximité du micro. À la radio, le micro est l’oreille de l’auditeur et on y parle à très courte distance. Quand on parle ainsi à quelqu’un au creux de l’oreille, pénétrant dans sa bulle d’intimité, on baisse le ton, on projette beaucoup moins pour ne pas l’agresser, pour y être accepté. On passe du salon télévisuel au boudoir feutré.

Quand j’entends certains animateurs, plusieurs chroniqueurs et beaucoup de chroniqueuses, j’ai l’impression d’un orchestre qui engage des violonistes sans leur demander s’ils possèdent un violon… À la radio, la voix demeure un instrument essentiel à développer en fonction des micros et de leur proximité. Encore faut-il posséder et maîtriser un violon avant de songer au vibrato…

Depuis mon jeune âge, mon père m’a transmis le goût des belles voix. Si la langue renvoie à la mère, la voix renvoie au père, nous apprend la psychanalyse. Mon père avait une voix virile, colorée à l’écoute des voix qu’il vénérait, qu’il enviait. Tout est là. Son admiration pour le baryton-basse Paul Robeson et le crooner Frank Sinatra m’ont sensibilisé très jeune à l’instrument vocal. Ces voix qui passent la gorge sans être déformées ou distortionnées par des tics acquis par une oreille interne souvent menteuse. Placer sa voix, c’est la développer en l’écoutant par l’extérieur. Voilà pourquoi nous chantons tellement mieux dans la salle de bain!

 

Placer sa voix, c’est arriver à chanter et parler comme dans la salle de bain.

La voix est vitale puisqu’elle est essentiellement du souffle. Si vous trouvez un livre intitulé LA SPRITUALITÉ DE LA VOIX de Lucie de Vienne Blanc sur l’Internet, commandez-le sur-le-champ! Ce qui forme la voix et la déforme, c’est l’oreille.

Voir les travaux d’Alfred Tomatis dans son livre L’OREILLE ET LA VIE. Mieux écouter, c’est émettre de meilleurs sons. S’écouter d’abord, mais aussi écouter des voix qui deviennent des phares, des modèles.

 

Voici mes suggestions d’écoutes stimulantes.

 

Les voix rondes et profondes, viscérales, rassurantes et crédibles de Paul Robeson et de Serge Bouchard.

La voix libérée de toute contrainte gutturale de Frank Sinatra.

Les voix séduisantes et spectaculaires de Marie-Nicole Lemieux ou Adela Zaharia.

La voix de poitrine développée par une maîtrise exceptionnelle de la projection retenue de l’animateur radiophonique (maintenant à la retraite) Michel Keable.

La voix toute pure et lénifiante d’un Jim Morisson des Doors, pourtant lui-même très torturé ou celle, testiculaire, de Leonard Cohen.

Les voix complètement naturelles, sans fard, mais raffinées, des ténors Richard Verreau et Luciano Pavarotti, ou du baryton Gérard Souzay.

La voix rassurante et façonnée comme un Stradivarius de Dietrich Ficher-Dieskau.

La voix veloutée et émotive de Jean Ferrat.

 

 

La voix granulée et vibrante du ténor Jonas Kauffman qui mûrit comme une figue.

Les voix formées aux meilleures techniques et qui dépassent la technique pour atteindre une vérité renversante du baryton Leon Kim et du ténor Levy Sekgapane.

 

Et si vous rêvez d’un FESTIN DE BABETTE de la voix, il faut s’attabler devant le visionnement de la finale de l’Operalia 2017 organisée par Plácido Domingo!

 

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