La Belle et la Bête

La Belle et la Bête

Depuis déjà quelques années qu’une coiffeuse qui se fait appeler «barbière», à Longueuil, s’occupe de ce qui me reste de cheveux.

En bordure de son grand miroir, cette photo de ses enfants en vacances. L’aînée, Émilie, l’air coquin et à l’allure froufroutante, sourit à l’avenir dont elle rêve en secret.

 

 

 

Dans les conversations habituelles de shampouinage, Josée m’apprend que sa Barbie  de fille achève ses études… d’opératrice de machinerie lourde. La frêle mignonne pomponnée sur un gros bélier mécanique huileux? Posant ses ongles soigneusement vernis sur les commandes d’une pelle mécanique? Sa blondeur au vent d’une cabine de niveleuse? Eh oui!

«Déjà, toute petite…» :

Elle en rêve depuis sa plus tendre enfance, préférant les Tonkas aux poupées.

La salle de classe n’a jamais été son fort. Elle préfère FAIRE que rester attentive à des cours.

Sa mère lui trouve l’école de formation adéquate, l’Atelier-École Les Cèdres. Elle y reste huit mois à apprendre à FAIRE sur ces gros vrais Tonkas qui font du vrai bruit et sentent l’huile bien visqueuse. Elle sera ponctuelle à sa formation tous les matins à six heures. Fidèlement et très heureuse de s’y trouver, malgré la distance qui sépare Boucherville des Cèdres!

 

Elle sait bien que les confrères de travail penseront : «As-tu vu la pitoune grimper dans le loader?». L’école apprend toutefois le respect à tout le monde. Aux 97 mâles qui côtoieront avec un respect sans faille les 5 féminines consœurs.

Au travail, les propos sont crus mais ne dépassent pas les bornes de la décence. Même que les barbus aident volontiers la jeune princesse.

«Je suis fière de mon travail..» :

Émilie préfère niveler que creuser. Ça tient plus de la finition : davantage sa tasse de thé (ou son thermos de café). Son amoureux est monteur d’acier et travaille actuellement sous le pont Jacques-Cartier. Il n’apprécie pas toujours les conversations salaces des confrères sur les femmes en construction…

«Le premier jour…»

«Mes machines préférées…» :

 

 

Émilie Chagnon est partie pour réussir sa vie avec la même passion qu’elle déploie pour déneiger les rues de Brossard.

 

En l’apercevant aux commandes de sa grosse niveleuse, pourquoi ne pas lui signifier votre admiration pour faire si bien ce qu’elle adore faire en lui faisant un petit coup de klaxon… respectueux?

 

Comme elle dit volontiers elle-même : «Une Barbie peut bien faire ce que fait un gros barbu!»

emilichagnon@icloud.com

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One Response to “La Belle et la Bête”

  1. Gerard Ponthieu dit :

    Super, Émilie ! Et les routes du Québec n’en seront que plus belles…

    Je vois que le Bébert a repris le micro qui doit bien lui gratouiller…

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