La langue arabe associe la consonnance "brel" aux équidés.
Et Jacky a renâclé, henni, piaffé et rué à souhait... jusqu'à jouer les Pégase!
Brel a compris, au fil de ses onze ans de spectacles, sa complicité involontaire pour cette schizoïdie collective où le public ne ressent, ne rêve et ne vit que par les illuminés qui le font pour lui sur scène. Des spectateurs qui applaudissent frénétiquement aux dénonciations de la bêtise avant d'aller y ressombrer dès la sortie du théâtre.
Tant que Jacky a pensé refléter les joies et les peines du public, il s'en est nourri, voire gavé.
Quand il a senti que c'était le public, en fait, qui venait se nourrir de lui, il a vomi.
Et si un frère imaginaire voulait lui rendre une libertaire santé... histoire de galoper encore avec lui, avec quelques-uns de ses personnages et avec quelques autres qui auraient pu le devenir?
Imaginer à nos pas, l'espace de quelques pochades, la cadence et la foulée des sabots équidés que Brel rêvait tant de chausser...
Toute ressemblance avec la vie ou l'oeuvre de Jacques Brel ne tient ici que du clin d'oeil convivial."Ce roman est un cri d'anarchie, un pas vers la liération, un clin d'oeil tout à fait étonnant et divertissant. L'auteur a voulu montrer comment l'adulation effrénée d'une vedette disparue, aussi irréprochable fût-elle, ne peut, si elle est laissée entre les mains de ceux et celles qui s'arrogent pour toutes sortes de raisons le droit de poursuivre l'oeuvre du disparu, que témoigner de la bêtise humaine."
(éditions de l'Homme, 1992)

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